jeudi 14 avril 2011

lonely betty de joseph incardona

lonely betty de joseph incardona

"Lonely Betty nous plonge dans l’atmosphère d’une petite ville du Maine, la veille de Noël, la veille des 100 ans de Betty Holmes, l’ancienne institutrice. Alors que ses concitoyens s’apprêtent à fêter son anniversaire, Miss Holmes fait des révélations surprenantes sur une mystérieuse disparition vieille de soixante ans et sur un de ses anciens élèves devenu célèbre. Betty ne verra pas Noël...

Joseph Incardona pastiche le roman noir, s’amuse de tous les clichés du genre et, par une habile pirouette, sa parodie devient hommage.
"

ça se lit en à peine une demi-journée et ne présente, à mon avis, pas grand intérêt à part le fait qu'il s'agit d'un gentil hommage à stephen king

duma key de stephen king

duma key de stephen king : "Duma Key, une île de Floride à la troublante beauté, hantée par des forces mystérieuses, qui ont pu faire d'Edgar Freemantle un artiste célèbre… mais, s'il ne les anéantit pas très vite, elles auront sa peau ! Dans la lignée d'Histoire de Lisey ou de Sac d'os, un King subtilement terrifiant, sur le pouvoir destructeur de l'art et de la création." soit un gros pavé de 850 pages, tout en bonheur et en tendresse jusqu'à ... la page 650 et là, l'horreur est là.

On pense qu'elle déboule mais en y réfléchissant elle était déjà présente sans que l'on s'en rende compte ...

un ancien entrepreneur dans le domaine des travaux publics manque de perdre la vie dans un grave accident ... il n'y perdra que son bras, dans un premier temps, puis perdra sa femme mais gagnera en échange un fabuleux génie créateur ... hélas au final, il perdra beaucoup plus ...

à regretter, le nombre de plus en plus grand de coquilles, d'erreurs de traduction et autres dans les livres de nos jours ("juin" au lieu de "janvier" en début de volume, "sur un porche" au lieu de l'expression courante "sous un porche" etc.)

mercredi 6 avril 2011

le petit livre de septembre de christian estèbe

le petit livre de septembre de christian estèbe édité par cette belle maison d'édition qu'est finitude

il s'agit d'un recueil de sensations, impressions poétiques notées au cours d'une année scolaire passée dans le cdi (centre de documentation et d'information) et la bibliothèque d'un collège du tarn-et-garonne dans le cadre d'un ces (contrat d'emploi-solidarité)

la lecture de ce petit livre, pendant les 2 ou 3 heures qu'on passe à le savourer, nous donne la nostalgie de nos jeunes années et nous fait aimer ces enfants en même temps que l'auteur lui-même apprend à les comprendre et à les aimer...

mardi 5 avril 2011

alfred et emily de doris lessing

alfred et emily de doris lessing (ou encore un de mes (nombreux) achats au salon du livre !)

la 4ème de couverture : "« Je crois que la colère ramenée des tranchées par mon père s'est emparée de moi très tôt et ne m'a plus jamais quittée. Les enfants ressentent-ils les émotions de leurs parents ? La réponse est oui, nous les ressentons. Et voilà un héritage dont je me serais bien passée. À quoi bon tout cela ? C'est comme si cette vieille guerre imprégnait ma mémoire, ma conscience. »

Doris Lessing, prix Nobel de littérature, explore la vie de ses parents, tous deux abîmés de manière irrévocable par la Grande Guerre. Elle imagine tout d'abord la vie plus heureuse qu'ils auraient pu bâtir si la guerre n'avait pas eu lieu, avant de se livrer à un examen cinglant de leur couple tel qu'il fut en réalité dans l'ombre pesante de cette guerre. « Aujourd'hui encore, je m'efforce d'échapper à cet héritage monstrueux, pour être enfin libre », confie Doris Lessing. Avec Alfred et Emily, c'est très exactement ce qu'elle fait, et de manière éclatante
."

c'est un livre écrit en deux parties, la première, sorte d'acte d'amour offrant à ses parents la vie qu'elle aurait aimé les voir vivre (mais elle ne serait alors jamais venue nous la raconter), paradoxalement écrite de façon relativement sèche ... et la seconde partie, écrite de manière plus fluide mais sans concession vis-à-vis de sa mère, nous faisant prendre conscience de ce qu'ont pu être les vies des colons en afrique juste après la première guerre mondiale

au final de bien belles pages !

"Ma mère avait rapporté de Perse un drap qu'elle étendit sur une petite table, où il disparut bientôt sous les livres et les bibelots. Cependant, les bordures demeurèrent visibles. Le drap était en coton, kaki, mais la bordure était cousue de petites figures aux couleurs à la fois délicates et éclatantes. Je m'asseyais et m'émerveillais des motifs que j'avais juste sous les yeux. Un âne, suivi d'un garçon armé d'un bâton... un homme vêtu d'une longue robe et coiffé d'un hideux chapeau noir... un arbre aux minuscules fruits rouges... un rosier... une femme dont la tête était enveloppée dans une sorte de châle noir... un serpent - il n'y avait pas de doute - qui dardait une langue écarlate... un gros oiseau noir... mais si je faisais le tour de l'étoffe touchant presque le sol, je finissais par retrouver l'âne, noir cette fois, et l'oiseau, qui au contraire était devenu blanc."

mardi 29 mars 2011

qu'elle aille au diable, meryl streep ! de rachid el-daïf

encore un livre que j'ai rapporté du salon du livre ! il s'agit de qu'elle aille au diable, meryl streep ! de rachid el-daïf

je me suis laissée tenter par la quatrième de couverture :

"Zappant devant le superbe téléviseur qu'il vient de s'offrir - ou plutôt d'offrir à sa femme -, un Libanais tombe sur le film Kramer contre Kramer et comprend, malgré son anglais approximatif, que le personnage joué par Meryl Streep est en train de quitter son mari. Cette scène le renvoie soudain à la réalité de son propre couple, dont le mariage avait été arrangé par une tante, et il s'interroge. Pourquoi son épouse va-t-elle si régulièrement dormir chez ses parents ? Censément vierge au moment de leur union, comment en sait-elle autant sur la sexualité masculine ? Quelle a été, avant leur rencontre, la vie de cette femme dont il ne sait finalement pas grand-chose et qui lui échappe chaque jour un peu plus ?

Jamais sans doute un romancier arabe n'avait traité les questions du couple et de la sexualité d'une façon aussi directe et décomplexée, pleine d'humour. Le mariage apparaît comme une institution mise à rude épreuve par la modernité, qui creuse le gouffre entre les images occidentales véhiculées par les médias et la tradition. En assumant ou en feignant d'assumer cette modernité, la femme démontre à l'homme à quel point il reste incapable d'en faire autant.
"

en me disant que le résumé était intéressant et que c'était peut être le moyen de mieux comprendre les hommes (et les femmes) de culture arabe ... sauf que ...

sauf que contrairement à ce qui était annoncé, je n'ai relevé aucun humour dans ce livre que j'ai trouvé vulgaire et dégradant tant pour les hommes que pour les femmes !

le livre est terriblement cru, les relations du couple sordides et je n'ai éprouvé que du dégoût en le lisant

samedi 26 mars 2011

l'élégance des veuves de alice ferney

de ma visite au salon du livre, j'ai rapporté, notamment l'élégance des veuves de alice ferney

"Au rythme des faire-part de naissances et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du XXe siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès… le cycle ne s’arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C’est avec l’élégance du renoncement que l’on transmet ici, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le renoncement."

j'aime l'écriture ciselée et sensible de cette femme, j'ai déjà apprécié d'elle la conversation amoureuse, dans la guerre ainsi que les autres et là, encore une fois, je n'ai pas été déçue

je pense par contre qu'il faut être une femme pour aimer ce livre tout en finesse et en non-dit

on s'attachera davantage à l'énonciation du prénom de tous ces enfants, promesses d'un futur que leur mère ne connaîtra pas forcément, qu'à leur personnalité elle-même ... la vie était courte et semée d'embûche à cette époque pas si lointaine puisque valentine aurait pu être ma grand-mère ...

un livre à humer comme un bouquet de violette oublié au fond d'un tiroir de mouchoirs de dentelle

lundi 21 mars 2011

blog-o-book : totally killer de greg olear

merci à bob et merci à gallmeister de m'avoir permis de découvrir totally killer de greg olear

la quatrième de couverture : "Greg Olear est né en 1972 à Madison, dans le New Jersey. Il a effectué ses études à l'université de Georgetown, où il a suivi des cours de théâtre. Totally Killer est son premier roman. Il travaille actuellement à son second livre, intitulé Fathermucker.

New York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d'une université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d'un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu'à ce qu'une mystérieuse agence lui propose "le job pour lequel on tuerait". Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d'une maison d'édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu'un.

Théorie du complot et culture pop se mélangent dans ce roman politiquement incorrect à l'humour noir décapant qui tient à la fois de la satire grinçante et du thriller paranoïaque. Totally Killer est le premier roman brillant et palpitant de toute une génération.

Un roman intelligent, surprenant et d'un humour féroce.
BRAD LISTI
"

le livre commence ainsi

"JE N'AI JAMAIS AIMÉ TAYLOR SCHMIDT. Malgré tout ce que vous avez pu entendre dire.
L'amour est quelque chose de plus pur que cet alliage brut de désir, de fascination et de pitié dont étaient faits mes sentiments à son égard. On ne peut pas transformer les métaux vils en or, tout brillants qu'ils puissent être.
Cela dit, à défaut de jamais la pardonner, je peux comprendre une telle confusion. Il faut dire quelle me faisait sacrement bander. Même encore aujourd'hui, et ça fait dix-huit ans quelle est morte.
"

et se termine sur

"Le souvenir de Taylor, objet de mon désir, de ma pitié, de mon obsession et, par dessus-tout, de mon amour."

ce qui est un peu contradictoire avec l'affirmation en tout début de livre

pour comprendre ce qui semble au premier abord être une incohérence il vous faudra lire ce gros bouquin de 300 pages (que j'ai dévoré en 3 jours), publié chez gallmeister

j'y ai vu un roman d'amour et de haine doublé d'une théorie du complot (ou l'inverse) qui met en évidence les raisons de certains faits demeurés inexpliqués jusqu'à ce jour !

"La meilleure façon de dissimuler quelque chose, c'est d'écrire un livre dessus, ou de faire un film - présenter la réalité sous forme de fiction. Tu as déjà vu cette nouvelle série, X-Files, aux frontières du réel ? Celle qui parle d'extra-terrestres ? La moitié des conneries dans cette série est la stricte vérité. Mais si un journaliste publiait la vérité aujourd'hui, les gens diraient : "Ça peut pas être vrai, on a déjà vu ça dans X-Files." tu piges ?"

c'est intelligent, bien ficelé, bien écrit/bien traduit, on se sent faire corps et vibrer avec le narrateur et on a très envie de voir ça un jour au cinéma