jeudi 25 août 2011

lectures de l'été 2011...

ceux que j'ai bien, voire beaucoup aimés

le pingouin de andreï kourkov = une histoire absurde et tellement pleine d'humour, celle d'un auteur qui galère et auquel on propose un jour un filon, écrire des nécros avant même que les personnes sur lesquelles elles portent soient passées de vie à trépas ... or, leur décès semble suivre vraiment de très près, de trop près la livraison de chacune des nécros pour que ça ne finisse pas par sembler bizarre à victor, le personnage principal
et pourquoi "le pingouin" me demanderez-vous ? parce que le zoo se débarrassait de ses animaux et que victor a adopté un pingouin
un livre grinçant et drôle et peut être pas si impossible que cela

marcher - une philosophie de frédéric gros = un essai sur la marche à pied qui nous donne envie de marcher, et encore marcher, sans nous arrêter, et pour vous donner envie de dévorer ce livre, les dernières lignes de ce livre :
"On retrouve cette insistance sur la régularité comme secret d'une marche sans fatigue dans la spiritualité tibétaine, avec la figure presque magique du Lung-gom-pa.
Le Lung-gom consiste en des exercices, prolongés sur plusieurs années, de respiration et de gymnastique qui permettent d'obtenir une très grande agilité et légèreté. En même temps qu'il s'entraîne à contrôler parfaitement sa respiration, le moine apprend à caler parfaitement sur elle la répétition de formules mystiques.
Plus tard, il saura leur faire correspondre aussi le rythme de son pas.
Au terme de son initiation, il devient un Lung-gom-pa. Le moine est alors capable, dans certaines circonstances, de marcher très vite sur d'énormes distances, sans ressentir aucune fatigue. Il y faut sans doute des conditions spéciales: un terrain plat, un paysage désertique, le crépuscule ou une nuit étoilée. Dans ces espaces fantomatiques, rien ne distrait l'attention, la concentration est maximale. Le marcheur se recueille, ne pense à rien, ne regarde ni à droite ni à gauche, fixe un point devant lui, se met en marche, prononce en cadence ses formules, et bientôt il entre dans un état de transe hallucinatoire, produit par la répétition de son pas, de ses phrases indéfiniment reproduites, de sa respiration régulière. Et il accomplit de grands pas comme s'il rebondissait sur le sol.
Alexandra David-Neel raconte qu'au cours de ses longues marches himalayennes, alors qu'elle évoluait sur un immense plateau isolé, elle vit au loin un point noir qui se rapprochait à très grande vitesse Elle s'aperçut bientôt que c'était un homme qui avançait à très grande vitesse. Ses compagnons de route lui dirent que c'était un Lung-gom-pa, et qu'il ne fallait surtout pas lui parler ou interrompre sa marche rapide, car il était en état d'extase et qu'il pourrait mourir si on l'éveillait. Ils le virent passer, impassible, les yeux ouverts, sans courir, mais s'élevant à chaque pas, comme une étoffe légère soulevée par le vent.
"

les pommes sauvages de h.d. thoreau : la lecture de marcher - une philosophie, m'a indiqué tout un tas d'autres livres, ou auteurs, à suivre dans leurs promenades, thoreau en faisait parti
les pommes sauvages ont un délicieux arrière goût du passé
une lecture pour les nostalgiques

on peut se dire au revoir plusieurs fois de david servan-schreiber : j'ai lu ce petit livre quand david servan-schreiber était encore parmi nous, plus pour très longtemps hélas - il s'agit du témoignage de la force de caractère d'un homme, une leçon de vie et une leçon de vivre avec courage, sans misérabilisme ni fausse pudeur
monsieur, vous allez nous manquer

melnitz de charles lewinsky = la saga d'une famille juive suisse qui commence en 1871 pour se terminer pendant la 2ème guerre mondiale
c'est un livre attachant même si je n'ai pas réellement compris l'intérêt du personnage récurrent de l'oncle melnitz

mémoires imaginaires d'adrienne de la fayette = écrit sous forme d'un journal, une sorte de roman d'aventure doublé d'une intrigue amoureuse et d'un soupçon de roman historique
la mise en page du livre aurait pu être un peu plus soignée (p. 139, par exemple)

et les autres ...

dans la pièce du fond de w.c. morrow = un recueil de nouvelles un peu mystérieuses, un peu horrifiques, mais *datant* du début du 20ème siècle
à découvrir malgré tout puisque de la même époque qu'edgar allan poe et que ambrose bierce !

claude de bruno gibert = ou une histoire d'un mortel ennui

fleuve de thyde monnier = une histoire riche en odeur et en saveur un tout petit peu trop descriptif, mais avec une traversée de marseille qui collait à ma réalité, moi qui venais justement de me balader à pied dans les rues de cette ville

l'ambassadeur de morris west = beaucoup trop politique pour moi

vendredi 15 juillet 2011

¡¡¡ harry potter !!!

et oui, tout arrive !
harry potter à l'école des sorciers de j.k.rowling

il y a des livres comme ça, qui sont à la mode, et que tout le monde lit et que donc, tout le monde doit lire et comme je n'aime pas trop suivre la mode, cela fait une bonne dizaine d'années que je me refuse à lire harry potter ... en fait, en réalité, j'avais essayé de lire le premier volume, mais en anglais, et arrivée à la moitié du livre, j'avais fini par abandonner ! je trouvais le rythme trop lent et le style bien moins intéressant que les club des 5 de ma jeunesse ... une de mes bonnes copines avait essayé de me convaincre, elle a-do-rait harry potter et l'avait lu en version originale, mais également en français, en espagnol, et en je ne sais trop de versions encore, tellement ça l'amusait de voir les différences entre les traductions !

et puis récemment, il y a un mois environ, en descendant mon "tri sélectif" j'ai vu que des livres avaient été purement et simplement jetés en vrac dans la benne jaune et bien évidemment, je les ai récupérés !

dans le lot, il y avait le tome I et le tome III de harry potter et j'avais l'intention de les donner à circul'livre, mais avant, j'ai voulu retenter la lecture ...

je viens de dévorer harry potter à l'école des sorciers et comme j'avais pris la précaution d'emprunter le tome II à la médiathèque et je suis en train de dévorer harry potter et la chambre des secrets

c'est bien écrit (et/ou bien traduit) c'est très drôle, pas con du tout et ça peut être lu aussi bien par les petits que par les grands !

moralité, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis et moi je suis ravie à l'idée d'avoir encore 6 volumes à découvrir


et bien ... j'ai terminé hier soir la saga de harry potter et si j'ai adoré le premier tome, j'ai moins aimé les suivants, toujours organisés de la même façon, les 600 ou 700 premières pages d'un gentil petit train-train pour accélérer sur les 100 ou 150 dernières pages ... par contre, dès que j'ai ouvert le 7ème, j'ai été en apnée ! le rythme en est soutenu du début à la fin et du coup on reste sur une excellente impression lorsqu'on referme le bouquin !

bon, alors j'ai terminé la série livre, mais je sais qu'il me reste maintenant tous les films à voir : je ne suis donc pas prêt de lâcher le personnage de harry potter !

jeudi 19 mai 2011

un lac immense et blanc de michèle lesbre

un lac immense et blanc de michèle lesbre

« Je réinvente ma vie dans le désordre en mélangeant les temps, les lieux, les êtres chers, mais c’est tout de même ma vraie vie. Peut-être que cette journée est un cadeau plutôt qu’un empêchement et un rendez-vous manqué. J’attendais l’Italien, c’est Antoine qui est venu, dans le silence de la ville qui est une autre ville, lointaine et familière à la fois M.L. ».

court récit en forme de rêverie poétique à la recherche de son passé ... et de soi-même !

lundi 9 mai 2011

un amour classique de yu hua

un amour classique de yu hua

"Un enfant de quatre ans, en provoquant accidentellement la mort de son cousin, déclenche une série de vengeances qui anéantira une famille entière. Un jeune lettré, candidat aux examens impériaux, qui traverse sur son chemin une ville florissante et y rencontre, comme en rêve, une merveilleuse jeune fille, retrouve quelques années plus tard une terre dévastée, en proie à la famine, et la jeune femme transformée en viande de boucherie... Un personnage à l'identité incertaine nous parle d'une présence féminine qui le hante, peut-être celle de Yang Liu, la jeune fille morte en lui léguant ses yeux... Dans un café, deux hommes ont assisté à un meurtre. Leur relation épistolaire, nourrie d'hypothèses sur les mobiles de ce crime, s'achèvera en tragédie...
Oniriques et cauchemardesques, ces " petits romans " où se devine parfois l'influence de Kafka ou de Borgès ont fait connaître Yu Hua dès la fin des années 1980. Ecrits au lendemain d'une période dramatique de l'histoire chinoise qu'ils désignent sans la nommer, ils allient la puissance de l'imaginaire à la profondeur de la réflexion métaphysique, et proposent une vision fantastique et troublante de la Chine contemporaine.
" (4ème de couverture)

j'avoue ne pas avoir tout compris de ce recueil de 4 courts romans (ou 4 longues fables) mais j'ai été scotchée par l'écriture magnifique -on a souvent l'impression d'admirer un tableau :
Liu Sheng marchait sur une grande route jaune. Il se rendait à la capitale pour se présenter aux examens du mandarinat. Il portait une robe de toile vert sombre plissée dans le bas, un petit chapeau délavé et une ceinture de soie vert foncé nouée autour de la taille. On eût dit un arbre couleur émeraude déambulant sur la grande route jaune. C'était le printemps et, à perte de vue, pêchers et saules rivalisaient de splendeur parmi les champs de mûriers et de chanvre. Des chaumières entourées de haies de bambous s'éparpillaient de tous côtés dans la campagne. Un soleil radieux s'élevait haut dans le ciel et ses innombrables rayons d'or, comme des fils de soie sur un métier à tisser, se déployaient dans un ordre parfait.
- et terrible
Ayant perdu son enveloppe cutanée, le tissu adipeux jaune d'or s'épancha. Tout d'abord, il se gonfla légèrement comme du coton, puis commença à s'écouler, se dispersant dans tous les sens comme de la boue. Alors les médecins eurent l'impression de voir le champ de colza sous le soleil qu'ils avaient aperçu à l'entrée peu de temps auparavant.
même si j'ai été bouleversée par l'horreur narrée et perdue dans les métaphores probables ...

jeudi 5 mai 2011

aigle de aziz chouaki

aigle de aziz chouaki

"Jeff quitte son Algérie natale pour Paris. Sans un sou, il se retrouve empereur de la faune qui hante les Halles. Fou de littérature, il décide de participer à un concours de nouvelles, imagine des personnages, une intrigue...
Hasard objectif ou magie de la fiction ?
Jeff rencontre sur son chemin les personnages qu'il a créés. D'étranges rapports se tissent alors entre eux et lui, teintés d'érotisme, d'ésotérisme et de gangstérisme.
Prométhée de l'écriture, Jeff mène ce ballet mégalo et impose à chacun de vivre exactement comme il l'a imaginé.
Fantasme et réalité se télescopent en une mise en abyme brillante, puzzle bariolé où les pièces narratives se remettent peu à peu en place.
L'enjeu du roman prend la forme d'une exploration de tous les possibles de l'écriture.
" (4ème de couv')

petit trésor de 260 pages découvert un jour abandonné sur un trottoir et que j'ai recueilli, de même le personnage au hasard de sa route découvre l'annonce d'un concours de nouvelle dans une revue littéraire abandonnée sur le sol parisien ...

l'écriture est inventive, intelligente, interpellante et innovante, le récit labyrinthique et onirique, on ne sait plus où commence la réalité et où se termine le rêve ... et j'ai positivement adoré

mardi 3 mai 2011

la délicatesse de david foenkinos

la délicatesse de david foenkinos

"« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m'en vais. C'est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n'est guère mieux. On sent qu'on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu'un jus ça serait bien. Oui, un jus, c'est sympathique. C'est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l'orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. le jus d'abricot, ça serait parfait. Si elle choisit ça, je l'épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d'abricot, je crois, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »
"La délicatesse" a obtenu dix prix littéraires et a été traduit dans plus de quinze langues.
" (4ème de couv')

un joli roman d'amours, au pluriel, puisqu'une seconde chance sera donnée à nathalie, roman que j'ai lu en revenant de rennes, et qui est (pourtant) beaucoup plus qu'un roman de gare, mais bien un livre tout en délicatesse et en subtilité

lundi 2 mai 2011

soie de alessandro baricco

soie de alessandro baricco

mon deuxième d'alessandro baricco et très certainement pas le dernier ! j'aime cette écriture en finesse, ces non-dits et ces secrets

"1861. Le sud de la France. Hervé Joncour achète et vend des œufs de vers à soie qu'il va chercher pour le compte de Baldabiou, en Syrie et en Égypte d'abord, puis plus tard au Japon, à l'autre bout du monde. "Un jour Baldabiou avait tenu dans sa main un voile tissé avec un fil de soie japonais. C'était comme ne rien tenir entre ses doigts." Un incroyable voyage ! Vienne, Budapest, Kiev, les monts d'Oural, le lac Baïkal, le fleuve Amour, et Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. Au bout du monde, Hervé Joncour rencontre une jeune fille, un regard "avec une intensité déconcertante". Ce voyage vers le Japon, vers ce regard, Hervé le fera inlassablement, années après années. Répétition des gestes, des images, chaque fois est un éternel recommencement ; les mots reviennent, inaltérables. Un texte sensuel, aérien, comme une étoffe de soie. "

mais hervé n'est-il pas allé au bout du monde pour trouver ce qu'il avait en fait chez lui ? le rêve serait-il plus fort et ferait-il aller plus loin que la réalité ? pour ce qui me concerne, j'en suis persuadée ...!