samedi 26 mars 2011

l'élégance des veuves de alice ferney

de ma visite au salon du livre, j'ai rapporté, notamment l'élégance des veuves de alice ferney

"Au rythme des faire-part de naissances et de mort, voici la chronique de destins féminins dans la société bourgeoise du début du XXe siècle. Fiançailles, mariages, enfantements, décès… le cycle ne s’arrête jamais, car le ventre fécond des femmes sait combler la perte des êtres chers. C’est avec l’élégance du renoncement que l’on transmet ici, de mère en fille, les secrets de chair et de sang, comme si la mort pouvait se dissoudre dans le renoncement."

j'aime l'écriture ciselée et sensible de cette femme, j'ai déjà apprécié d'elle la conversation amoureuse, dans la guerre ainsi que les autres et là, encore une fois, je n'ai pas été déçue

je pense par contre qu'il faut être une femme pour aimer ce livre tout en finesse et en non-dit

on s'attachera davantage à l'énonciation du prénom de tous ces enfants, promesses d'un futur que leur mère ne connaîtra pas forcément, qu'à leur personnalité elle-même ... la vie était courte et semée d'embûche à cette époque pas si lointaine puisque valentine aurait pu être ma grand-mère ...

un livre à humer comme un bouquet de violette oublié au fond d'un tiroir de mouchoirs de dentelle

lundi 21 mars 2011

blog-o-book : totally killer de greg olear

merci à bob et merci à gallmeister de m'avoir permis de découvrir totally killer de greg olear

la quatrième de couverture : "Greg Olear est né en 1972 à Madison, dans le New Jersey. Il a effectué ses études à l'université de Georgetown, où il a suivi des cours de théâtre. Totally Killer est son premier roman. Il travaille actuellement à son second livre, intitulé Fathermucker.

New York, 1991. La belle et ambitieuse Taylor Schmidt, fraîchement diplômée d'une université du Missouri, débarque dans la Grosse Pomme à la recherche d'un job et du grand amour. Crise économique oblige, elle erre de bureau de placement en bureau de placement, jusqu'à ce qu'une mystérieuse agence lui propose "le job pour lequel on tuerait". Deux jours plus tard, Taylor se retrouve jeune éditrice d'une maison d'édition new-yorkaise et découvre avec effroi le prix à payer : elle va effectivement devoir assassiner quelqu'un.

Théorie du complot et culture pop se mélangent dans ce roman politiquement incorrect à l'humour noir décapant qui tient à la fois de la satire grinçante et du thriller paranoïaque. Totally Killer est le premier roman brillant et palpitant de toute une génération.

Un roman intelligent, surprenant et d'un humour féroce.
BRAD LISTI
"

le livre commence ainsi

"JE N'AI JAMAIS AIMÉ TAYLOR SCHMIDT. Malgré tout ce que vous avez pu entendre dire.
L'amour est quelque chose de plus pur que cet alliage brut de désir, de fascination et de pitié dont étaient faits mes sentiments à son égard. On ne peut pas transformer les métaux vils en or, tout brillants qu'ils puissent être.
Cela dit, à défaut de jamais la pardonner, je peux comprendre une telle confusion. Il faut dire quelle me faisait sacrement bander. Même encore aujourd'hui, et ça fait dix-huit ans quelle est morte.
"

et se termine sur

"Le souvenir de Taylor, objet de mon désir, de ma pitié, de mon obsession et, par dessus-tout, de mon amour."

ce qui est un peu contradictoire avec l'affirmation en tout début de livre

pour comprendre ce qui semble au premier abord être une incohérence il vous faudra lire ce gros bouquin de 300 pages (que j'ai dévoré en 3 jours), publié chez gallmeister

j'y ai vu un roman d'amour et de haine doublé d'une théorie du complot (ou l'inverse) qui met en évidence les raisons de certains faits demeurés inexpliqués jusqu'à ce jour !

"La meilleure façon de dissimuler quelque chose, c'est d'écrire un livre dessus, ou de faire un film - présenter la réalité sous forme de fiction. Tu as déjà vu cette nouvelle série, X-Files, aux frontières du réel ? Celle qui parle d'extra-terrestres ? La moitié des conneries dans cette série est la stricte vérité. Mais si un journaliste publiait la vérité aujourd'hui, les gens diraient : "Ça peut pas être vrai, on a déjà vu ça dans X-Files." tu piges ?"

c'est intelligent, bien ficelé, bien écrit/bien traduit, on se sent faire corps et vibrer avec le narrateur et on a très envie de voir ça un jour au cinéma

mardi 8 mars 2011

mort sans témoin de patrick laing (circul'livre)

mort sans témoin de patrick laing

il s'agit d'un polar édité par le masque dans les années 1950

un jeune savant réussit à capter l'énergie cosmique ce qui permettra aux hommes de ne plus avoir à travailler

il invite diverses personnes au cours d'un week-end afin de voir comment utiliser cette possibilité ce qui lui vaudra d'être assassiné : pourquoi ? par qui ?

pour mémoire, l'opération circul'livre, c'est ça circul'livre

treize à la douzaine de ernestine et frank gilbreth (circul'livre)

treize à la douzaine de ernestine et frank gilbreth

"Douze enfants, six garçons et six filles ! Et pas de place pour l'improvisation : Papa est ingénieur, spécialiste du rendement, et s'efforce d'appliquer chez lui les méthodes éprouvées à l'usine. Des vues très modernes sur l'éducation des enfants (nous ne sommes qu'au début du XXe siècle). La bonne humeur est toujours présente dans cette joyeuse famille, où la démocratie n'est pas un vain mot ! "

je pense que tout le monde ou presque a lu ce livre dans son enfance, en tout cas toujours aussi amusant de lire cette histoire racontée de façon enlevée par deux des enfants d'une famille nombreuse américaine au début du 20ème siècle

pour mémoire, l'opération circul'livre, c'est ça circul'livre

à bas la nuit ! de adrien goetz (circul'ivre)

à bas la nuit! de adrien goetz

la quatrième de couverture nous allèche en indiquant :

"La femme la plus riche d'Europe, excentrique et imprévisible, a décidé de léguer sa collection de tableaux et sa fortune à un jeune inconnu, un beur né en banlieue. Qui est ce Maher? Des galeries aux musées, le monde de l'art prétend connaître ses secrets.

Un couple de conservateurs de musée le rencontre lors d'une fête à Florence. Sa fiancée Jeanne est enlevée sous leurs yeux. Rançon: sept tableaux de la collection, étrangement liés entre eux. Une traque s'engage, entre l'Italie, la Suisse, un château en Auvergne et une île du Pacifique. Les vrais héros de cette intrigue sont-ils Uccello, Le Caravage ou Maher? Qui percera le mystère de ce Gatsby moderne?
"

en fait je n'ai pas été réellement convaincue par ce livre, même si j'ai trouvé passionnant l'aspect musée et collections privées

ça pourrait être un polar mais on ne s'intéresse pas vraiment à l'enquête et son aboutissement ne m'a guère satisfaite de même que j'ai trouvé de peu d'intérêt ce jeune couple de conservateurs de musée et si l'on nous dit qu'on découvrira en fin de volume la véritable identité de maher, je n'ai pourtant pas eu l'impression de savoir qui il était vraiment (m'avait-on d'ailleurs donné envie de savoir qui il était ?)

un livre un peu comme un rêve ou un nuage de fumée, dont il reste peu de chose une fois qu'on la refermé

pour mémoire, l'opération circul'livre, c'est ça circul'livre

sans sang d'alessandro baricco (circul'ivre)

sans sang d'alessandro baricco
la 4ème de couverture nous donne à lire les premiers paragraphes de ce court roman :
"Dans la campagne, la vieille ferme de Mato Rujo demeurait aveugle, sculptée en noir contre la lumière du crépuscule. Seule tache clans le profil évidé de la plaine. Les quatre hommes arrivèrent dans une vieille Mercedes. La route était sèche et creusée - pauvre route de campagne. De la ferme, Manuel Roca les vit. Il s'approcha de la fenêtre. D'abord il vit la colonne de poussière s'élever au-dessus de la ligne des maïs. Puis il entendit le bruit du moteur. Plus personne n'avait de voiture, dans le coin. Manuel Roca le savait. Il vit la Mercedes apparaître au loin puis se perdre derrière une rangée de chênes. Ensuite il ne regarda plus. Il revint vers la table et mit la main sur la tête de sa fille. Lève-toi, lui dit-il. Il prit une clé dans sa poche, la posa sur la table et fit un signe de tête à son fils. Tout de suite dit son fils. C'étaient des enfants, deux enfants."

ce court roman se lit d'une seule traite tellement il est passionnant et nous tient en haleine et il est magnifiquement écrit (et superbement bien traduit)

il est composé de deux parties, la première où l'on découvre qui est cette petite fille, que l'on retrouvera beaucoup plus tard et vieillissante, dans la seconde

une bien belle histoire de vie, et une histoire d'amour(s)

pour mémoire, l'opération circul'livre, c'est ça circul'livre

mercredi 2 février 2011

blog-o-book : les taupes de félix bruzzone



merci à bob de m'avoir permis de découvrir les taupes de félix bruzzone et merci à asphalte pour cette nouvelle lecture

la quatrième de couverture nous dit "La dérive d’un fils de disparus de la dictature argentine, balloté entre une grand-mère persuadée que sa fille lui a donné un autre petit-fils en détention, une petite amie avec laquelle il n’arrive plus à communiquer et un mystérieux travesti dont il tombe amoureux, Maïra.

Ce récit paranoïaque et surréaliste, à bout de souffle, nous entraîne de Buenos Aires à Bariloche, au pied des Andes, dans la quête initiatique troublante, politiquement incorrecte et souvent drôle d’un narrateur désabusé, à la recherche de son passé et de son identité sexuelle.

"Les Taupes ressemble à un film de Wes Anderson, ou la légèreté de l'absurde pop se couvre de mélancolie, mais traversé par des flashes oniriques dignes du cinéma japonais le plus violent." Crítica de la Argentina
"

il s’agit d’un livre qui commence quasiment "normalement" : la grand-mère du narrateur est persuadée que sa fille lui a donné un autre petit fils pendant de sa détention lors de la dictature argentine

c’est tout à fait plausible, nombre de personnes ont alors disparues et une foultitude d’horreurs ont été commises pendant cette période …

donc le livre commence "normalement", à peu près jusqu’au moment où le narrateur nous révèle que sa petite amie (romina) est tombée enceinte alors que leur histoire d’amour commençait à battre de l’aile

en fait on ne sait pas trop si la petite amie est bien enceinte de lui, ou si le sursaut de désir juste avant l’annonce de cette grossesse n’a eu lieu que pour noyer une paternité incertaine, mais ça n’est pas vraiment le sujet de l’histoire …

le narrateur se détache de romina et commence une autre histoire d'amour, plus bizarre, plus ambiguë, avec une fille qui vit de ses charmes

peu à peu, on se rend compte que cette fille est en fait un travesti et que le narrateur est bisexuel

puis le narrateur commence à prendre conscience que ce travesti ne lui dit pas tout et qu’apparemment il s’agirait d’un tueur, et lui-même croit être suivi

entre temps sa grand-mère décède, l’appartement où il vivait avec elle est vendu et il cherche un nouveau lieu pour y vivre ainsi que pour perdurer l’entreprise de fabrication de gâteaux de sa grand-mère … mais il est éjecté de ce lieu par les ouvriers qu’il payait pour le restaurer

on se dit alors que décidément le sort s’acharne sur notre narrateur …

il part ensuite à la recherche de son ami travesti qu’il soupçonne être son frère disparu : d’ailleurs ils se ressemblent …

on ne sait plus trop si le narrateur est en quête de ce frère, ou bien en quête de lui-même, d’ailleurs, ce frère disparu n’est-il pas lui-même, ou un double de lui-même ?

qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux dans cette histoire qui commence "normalement" et s’achève sans une fin réelle ?

une histoire de double, de gémellité, de sadisme, d’amour, et de sexe !

en conclusion, un livre glauque à souhait avec des passages d’une curieuse et étonnante beauté, comme :

"Enfin si, mais la sensation n’était pas douloureuse, bien au contraire, paradis de perles blanches, gouttes tombant comme des plumes, lentilles de lumière qui se désintègrent en touchant le sol, en me touchant, mais qui aussitôt recommencent à se former et à rebondir en tout sens pendant qu’elles se consument en un sonore crépitement lointain. Jusqu’au moment où les petites lumières se sont concentrées sur ma nuque, denses comme des galets, et d’un coup ont dégringolé tout le long de mon dos avant de rester là, éparpillées de tous côtés, tremblantes, dents de quartz, aimants géants, et là El Alemán, épuisé, a joui."